Chasse à la Tourterelle

Chasse à la Tourterelle
23 octobre

Nous arrivons à Diogane pour la dernière fois de notre séjour. On a prévu d'aller chasser dans la brousse avec J.-Jacques, Patrick et le petit Lamine. Ce gamin est épatant. A vrai dire ils sont tous épatants, mais celui-ci a quelque chose d'encore plus touchant que les autres. J'apprends qu'il est atteint d'une maladie qui l'empêche de grandir suivant une courbe de croissance normale. Il adore chasser, et Jean-Jacques m'affirme que c'est un pisteur hors pair. Après avoir été au sommet du minaret, nous entrons dans la brousse, à la suite de Lamine, accompagné de Salif, le fils du chef du village, qui nous prête son fusil pour l'occasion.




Nous nous enfonçons donc dans les hautes herbes, traversant les champs de mil. Salif qui parle un français impeccable m'explique que la récolte de cette année sera très mauvaise, il a plu beaucoup trop tard. Je ne trouve pas grand-chose à répondre. Ça me désole un peu. Il me propose de gouter au mil, me montrant comment ça se mange. Je goute, trouve ça bon, et le partage avec Lamine. Jean-Jacques a vu quelque chose, je n'entends que le coup de feu. Zou, il revient avec une belle tourterelle.

Je marche près de lui, histoire de ne rien louper. Un battement d'ailes dans notre dos. Il se retourne, suit l'oiseau avec le canon de son fusil et fait mouche. La tourterelle, à nouveau, prend une flopée de plombs dans la viande. Elle est tombée quelque part, mais la brousse, c'est comme le merdier que t'entasses dans ta chambre, faut s'accrocher pour y dégauchir autre chose que des maladies. Patrick trouve une plume. J'en déduis la trajectoire et tombe sur elle. 2 tirs, 100% de réussite. Ca se souligne.
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 04:01

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 11:35

Charrette, départ de Diogane et course poursuite

Charrette, départ de Diogane et course poursuite
Nous croisons un monsieur en charrette, accompagné d'un petit garçon, ils transportent de la canne à sucre. Spontanément, il nous en offre plusieurs.

Je fais aux autres une remarque :

- « On verra jamais un paysan de chez nous offrir ne serait-ce qu'une patate de son champ à un passant, surtout s'il n'est pas de la même couleur que lui ! »

Je pense ne pas avoir tout à fait tort. Tu me diras ce que tu en penses !









Nous rentrons au village. Prise de bec avec les filles qui nous reprochent de rentrer tard. Il fait en effet nuit. 2 heures de retour en pirogue en pleine nuit, elle n'apprécie que partiellement, surtout que le moteur de Mamadi semble rencontrer quelques petits désagréments depuis quelques jours.

Les adieux au village de Diogane m'arrachent quelques larmes que je veux discrètes. Lamine me sert dans ses bras, Maguette aussi, et puis des hordes de petites mains noires que je sers. Ils me disent « Tony, Tony ! » La pirogue s'éloigne et leurs cris nous accompagnent. J'entends encore quelques uns qui scandent mon prénom, ça fait chaud au c½ur.

C'est la pleine lune, nous glissons sur une mer d'huile. Des deux côtés s'étale la mangrove sur des kilomètres. Les reflets de lumière dans la flotte m'hypnotisent, je dessine mentalement un dessin animé à chaque ondulation de l'eau. Une pirogue nous prend en chasse. Nous ne comprenons pas. Elle s'arrête à quelques mètres de nous, Ali parle en wolof et ils font demi-tour.

- « C'était des douaniers. Ils pensaient qu'on revenait de Gambie. J'ai répondu qu'il n'y avait pas de fraudeur ici. »

Le trafic avec la Gambie est incessant. A ce titre, l'un des jardiniers promène une main disloquée. Nicolas, le chef jardinier des villas m'apprend que plus jeune, son collègue a pris un coup de fusil des douaniers à l'époque où il faisait de la contrebande. Chaud.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 04:05

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:38

Départ

Départ
Les journées passent. Piscine, football sur la plage. Le temps semble s'accélérer. Les vacances touchent à leur fin. Quelques journées manquent à l'appel. Nous sommes retournés à nouveau à Sangomar, c'était bien plus sympa. La face nord est plus propre. Patrick déclame à qui veut l'entendre qu'il ne partira pas tant qu'il n'aura pas pêché un gros « Capitaine ». Le pauvre, s'il s'était obéi, il ne serait jamais rentré en France. « Ohé ohé Capitaine abandonné » qu'on lui chantait pour le chambrer. Quelques parties de pêche, des journées glandouilles. Puis, vint le jour du départ.








Après de rudes adieux la veille, les valoches se remirent en branle en direction du petit bateau qui nous attendait au bout de l'un des deux pontons. On est tous un peu dégoutés de partir. Les parents de Marion savent qu'ils reviendront en mars, alors c'est moins dur pour eux. Moi, j'ai le bourdon. J'ai un film en HD qui se déroule dans ma tête. Faut à tout prix que je tente de raconter ça du mieux possible. Que je ne force pas le trait, que je n'en oublie le moins possible. Que je condense, que je donne envie aux gens surtout ! Le Sine Saloum est beau, le peuple Sérère est un grand peuple. On file sur le petit bateau. Radis, avait les larmes aux yeux. Elle ne voulait pas qu'on parte. Elle a convenu avec le pilote qu'il la ramènerait une fois qu'on nous aurait déposé. Ce n'était pas « Coquillage » cette fois. Le moteur s'emballe, on file avec un 40 chevaux en direction de Djifer. Retour à l'envoyeur quoi !

« Djifer – Saly » en minibus, histoire de dire. Saly est une ville fausse, l'archétype de ce genre de construction typiquement occidentale dont le seul but est d'attirer les touristes par bus entiers. La mentalité n'est plus la même. Quelques rares personnes semblent intéressantes, mais la méfiance est de rigueur. Pour certains, le touriste représente un « billet sur pattes ». Triste mais évident, le système veut ça.

On fait un tour au marché, les vendeurs sont agressifs. On se trisse de là en vitesse.

Nous arrivons à Dakar, je tente de prendre en photo le trafic cette fois, puisqu'il fait jour. Des vendeurs ambulants tentent leurs chances auprès des passagers de la voiture. Je dégaine mon « Dieredief Bakna » (Non merci !) à chaque tentative. Le paysage est très fourni. On tombe sur un étal entier de casquettes « Florida ». Il y en a au minimum 300.

Nous arrivons à l'aéroport. Longue attente jusqu'au décollage. Ca y est nous sommes dans l'avion... Le voyage touche à sa fin. J'reprends le boulot lundi ! (sic)
L'avion s'ébranle. Le décollage me file la nausée, il a picolé ou quoi le pilote ? Dans l'hypothèse positive, j'en fais autant, me descendant une botelinette de rouge à moi tout seul. J'ai chaud, aaah, ça y est, j'ai sommeil !

Madrid. On petit déjeune. ½ plus tard, j'ai envie de vomir. Le mariage chocolat chaud/vin rouge est à proscrire, vous le saurez comme ça ! J'fais ma p'tite affaire en simultané avec l'utilisation d'un sèche mains par un mec pour éviter de me faire repérer. J'suis groggy ! La tête dans les choux...

« Madrid – Mérignac»

On retrouve le plancher des vaches en même temps que la température d'ici. Temps de merde auquel il va falloir se réhabituer...
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 04:10

La fin d'un voyage

La fin d'un voyage
Ainsi s'achève le récit de mon voyage, j'espère qu'il ne vous aura pas laissé indifférents.



Si mon style d'écriture vous parle, rendez vous sur :

http://san-antonio03.skyblog.com

Bonne journée à vous mes calamars,

Basuba Inch'allah !

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 04:43

Modifié le lundi 04 février 2008 10:14