20 octobre
Ce matin, nous allons à
Niodior. Un village
sale. C'est la première impression que j'ai. La deuxième, c'est l'impression de gêner. Ça se sent dans les regards, les attitudes. On est loin de l'esprit de «
Diogane », très loin même. Un panonceau récapitule les taxes que doivent payer les piroguiers qui y accostent pour du déchargement de marchandises. Seul hic, on retrouve la mention «
Pirogue de touristes » au milieu des autres produits de la vie courante. Etrange.
Dans un bras de marée qui traverse le village, il y a toutes les immondices les plus infâmes. C'est vraiment crade.
Nous rendons visite à «
Hibou », c'est le chef du «
District - Santé » comprenant
Dionewar, Diogane et
Niodior, donc.
Il nous explique longuement le fonctionnement de son dispensaire. Insistant bien sur le fait qu'à partir de
9 mois, les bébés sont entièrement vaccinés contre
9 maladies. Il ajoute qu'il n'y a plus de morts causés par le paludisme dans son village étant donné qu'il possède des médicaments efficaces pour faire passer les crises. (J
e rappelle qu'il n'existe, à ce jour, aucun vaccin contre le paludisme). Ce mec a du charisme, ce qu'il dit est vraiment intéressant. Il explique également qu'à partir d'un certain âge, les vieux sont dispensés de payer la consultation, mais également les traitements dont ils auraient éventuellement besoin. Dispensés de payer signifie ne pas payer le « ticket de participation à l'effort de santé » qui coûte
1000 francs CFA soit 1
¤50. La pompe portée lors d'un précédent voyage par
J.-Jacques et
Geneviève fonctionne toujours, c'est une bonne nouvelle. Nous en venons à parler de la saleté qui dégrade le village. Il nous fait comprendre qu'il est lui aussi éreinté par cette situation, expliquant que ce merdier est un nid à saloperies. Les gamins y jouent, se blessent et ensuite, c'est la porte ouverte au tétanos et aux autres maladies. La situation semble un brin fermée.
Patrick avance des idées saugrenues non pas sans humour :
- «Faudrait foutre un gardien pour la journée et un pour la nuit, il collerait des amendes à tous ceux qui balanceraient leurs ordures dans ce dépotoir ! »
- « Le paradoxe, rétorque Hibou c'est que l'intérieur de leurs maisons sont très propres. Ils ne veulent pas stocker la merde chez eux, alors ils balancent en plein milieu du village. J'anime une émission sur la radio locale dans laquelle je reviens souvent à ce sujet, j'organise même des forums au c½ur du village au cours duquel tout le monde prend la parole et s'exprime sur les soucis que pourraient rencontrer le village, celui-ci en fait pleinement parti ! »
On pige alors que cette histoire de salubrité et de propreté le dépasse réellement et qu'il fait du mieux qu'il peut pour tenter de le résorber. Nous quittons
Niodior, nous n'y reviendrons pas du séjour.
Nous passons par
Dionewar, c'est le jour de la remise du fauteuil à la petite fille. J'en profite pour faire un tour au «
marché des hommes ». Ici le marchandage est roi ! J'achète quelques jolis objets dont deux pirogues en «
ébène véritable » (
moui...) qui sont passées de «
10¤ » à «
35 francs français » en l'espace de
3 phrases.
Le chef du village aurait soi-disant fait la manche à Geneviève. Le geste est grave. Nous sommes un brin outrés. Heureusement, la joie de la petite fille et de sa famille nous fait oublier l'anecdote. Aujourd'hui
Jolie (
dont la fille « Mariama » est une chipie comme on en fait plus) va tresser les cheveux de Marion. Nous sommes mardi et je sais depuis hier soir qu'en fin d'après midi, je participerai au match de gala organisé par l'équipe de l'hôtel et celle de
Dionewar. J'en suis très fier, ne le cachons pas !
Pendant que
Marion se fait tresser les cheveux je délire près du puits, m'autoproclamant fournisseur officiel en eau. Ça fait marrer les enfants qui s'amusent de me voir peiner avec la cordelette. Ils sont tellement plus adroits que moi.
Nous partageons le repas du midi avec
Jolie, et une de ses amies. J'en fous partout, du moins autant que
Mariama. Nous retrouvons les mêmes attentions qu'à
Diogane, à savoir que les meilleurs morceaux de poisson sont déposés devant nous, dans le plat. L'heure tourne. Après quelques délires avec les enfants dans la maison, il est l'heure de rejoindre le stade.