Maguette et le bus-pirogue

Maguette et le bus-pirogue
18 octobre

Il est prévu que nous rendions visite au village de Diogane, le village où aurait germé l'idée de créer l'association. C'est un village charmant, où l'on se sent immédiatement à l'aise, les enfants sont encore plus attachants qu'à Dionewar, et encore plus féroces au football. Partout il y a des ballons, partout de petites équipes se livrent des duels aussi sérieux que s'il s'agissait de ceux visibles lors des matchs de l'équipe nationale. Nous venons dans ce village pour plusieurs choses, la première est de rencontrer Maguette, ce petit bout de femme, véritable doctoresse qui est très liée à J.-Jacques et Geneviève.





Elle s'occupe de toutes les maladies, de tous les maux et de toutes les interventions à faire sur les villageois. On raconte qu'elle a fait accoucher une femme de triplés, à elle toute seule. Un exemple quoi ! Seul bémol, nous apprenons à notre arrivée que notre message annonçant notre venue n'a pas été reçu à temps. Maguette est donc à Dakar pour régler des affaires administratives. En effet, celle-ci s'occupe d'un bébé prénommé « Mamadou » qui est en voie de se faire adopter par une canadienne, nous apprenons qu'elle ne rentrera que dans la soirée, via le « bus-pirogue ». C'est donc râpé. La deuxième chose pour laquelle nous venons, c'est pour mesurer l'état d'avancement d'une boulangerie (équipée d'un four à pain solaire) entièrement financée par l'association. Le bâtiment est quasiment terminé.
D'un commun accord, nous décidons de revenir le lendemain, jour de l'anniversaire du père J.-Jacques.

Retour à l'hôtel. Branle bas de combat vers la fin de l'après midi, Maguette a demandé à la pirogue de faire une halte pour nous apercevoir. Nous carapatons en direction de celle-ci et je fais sa connaissance pour la première fois. Geneviève lui glisse à l'oreille qu'il serait super de faire une petite surprise à son mari pour la venue de demain, étant donné que ça sera son anniversaire. Nous apercevons au loin le petit Mamadou dans la pirogue. Avec toutes ces histoires je vais rater mon entrainement de football dis donc !

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 03:33

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:13

Le but !

Le but !
« Mame » en plus d'être barman au bar de l'hôtel est un remarquable footballeur. Il court vite et parvient à être précis malgré les tonnes de sables dans lesquelles échouent et rebondissent le ballon à chaque passe. Ce soir, je sens qu'il faut que je parvienne à mettre un but, ne serait-ce que pour rattraper le nombre considérable d'erreurs défensives et offensives que j'ai pu faire depuis le début. Mame déborde sur l'aile, je me place au milieu du terrain, il arme une passe, le ballon m'arrive devant, BOUUUUM ! Le filet du but miniature tremble, je viens de marquer un but ?!!








Immédiatement, l'équipe me chope et me félicite. Pile poil à ce moment là, les filles reviennent de la piscine. La chance se mettrait-elle à me sourire ?
Il fait nuit, tout le monde se sépare.

« Basuba inch'allah » me vois-je dire à ceux de l'équipe. (A demain si Dieu le veut en Wolof).

Ils marquent un air étonné. Il commence à prendre ses marques le « toubab » !

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 03:37

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:13

Happy Birthday Mister President (of the association)

Happy Birthday Mister President (of the association)
19 octobre

Diogane deuxième ! Deux heures de pirogue dans les bolons, mais cette fois, pas d'erreur, Maguette est bien là.



Deux écolières tiennent d'ailleurs dans leurs mains une banderole pour célébrer l'anniversaire de J.J.



Charmante attention !
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 03:43

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:13

Niodior, Hibou et tresses africaines

Niodior, Hibou et tresses africaines
20 octobre

Ce matin, nous allons à Niodior. Un village sale. C'est la première impression que j'ai. La deuxième, c'est l'impression de gêner. Ça se sent dans les regards, les attitudes. On est loin de l'esprit de « Diogane », très loin même. Un panonceau récapitule les taxes que doivent payer les piroguiers qui y accostent pour du déchargement de marchandises. Seul hic, on retrouve la mention « Pirogue de touristes » au milieu des autres produits de la vie courante. Etrange.










Dans un bras de marée qui traverse le village, il y a toutes les immondices les plus infâmes. C'est vraiment crade.
Nous rendons visite à « Hibou », c'est le chef du « District - Santé » comprenant Dionewar, Diogane et Niodior, donc.
Il nous explique longuement le fonctionnement de son dispensaire. Insistant bien sur le fait qu'à partir de 9 mois, les bébés sont entièrement vaccinés contre 9 maladies. Il ajoute qu'il n'y a plus de morts causés par le paludisme dans son village étant donné qu'il possède des médicaments efficaces pour faire passer les crises. (Je rappelle qu'il n'existe, à ce jour, aucun vaccin contre le paludisme). Ce mec a du charisme, ce qu'il dit est vraiment intéressant. Il explique également qu'à partir d'un certain âge, les vieux sont dispensés de payer la consultation, mais également les traitements dont ils auraient éventuellement besoin. Dispensés de payer signifie ne pas payer le « ticket de participation à l'effort de santé » qui coûte 1000 francs CFA soit 1¤50. La pompe portée lors d'un précédent voyage par J.-Jacques et Geneviève fonctionne toujours, c'est une bonne nouvelle. Nous en venons à parler de la saleté qui dégrade le village. Il nous fait comprendre qu'il est lui aussi éreinté par cette situation, expliquant que ce merdier est un nid à saloperies. Les gamins y jouent, se blessent et ensuite, c'est la porte ouverte au tétanos et aux autres maladies. La situation semble un brin fermée.


Patrick avance des idées saugrenues non pas sans humour :

- «Faudrait foutre un gardien pour la journée et un pour la nuit, il collerait des amendes à tous ceux qui balanceraient leurs ordures dans ce dépotoir ! »

- « Le paradoxe, rétorque Hibou c'est que l'intérieur de leurs maisons sont très propres. Ils ne veulent pas stocker la merde chez eux, alors ils balancent en plein milieu du village. J'anime une émission sur la radio locale dans laquelle je reviens souvent à ce sujet, j'organise même des forums au c½ur du village au cours duquel tout le monde prend la parole et s'exprime sur les soucis que pourraient rencontrer le village, celui-ci en fait pleinement parti ! »

On pige alors que cette histoire de salubrité et de propreté le dépasse réellement et qu'il fait du mieux qu'il peut pour tenter de le résorber. Nous quittons Niodior, nous n'y reviendrons pas du séjour.

Nous passons par Dionewar, c'est le jour de la remise du fauteuil à la petite fille. J'en profite pour faire un tour au « marché des hommes ». Ici le marchandage est roi ! J'achète quelques jolis objets dont deux pirogues en « ébène véritable » (moui...) qui sont passées de « 10¤ » à « 35 francs français » en l'espace de 3 phrases.


Le chef du village aurait soi-disant fait la manche à Geneviève. Le geste est grave. Nous sommes un brin outrés. Heureusement, la joie de la petite fille et de sa famille nous fait oublier l'anecdote. Aujourd'hui Jolie (dont la fille « Mariama » est une chipie comme on en fait plus) va tresser les cheveux de Marion. Nous sommes mardi et je sais depuis hier soir qu'en fin d'après midi, je participerai au match de gala organisé par l'équipe de l'hôtel et celle de Dionewar. J'en suis très fier, ne le cachons pas !

Pendant que Marion se fait tresser les cheveux je délire près du puits, m'autoproclamant fournisseur officiel en eau. Ça fait marrer les enfants qui s'amusent de me voir peiner avec la cordelette. Ils sont tellement plus adroits que moi.
Nous partageons le repas du midi avec Jolie, et une de ses amies. J'en fous partout, du moins autant que Mariama. Nous retrouvons les mêmes attentions qu'à Diogane, à savoir que les meilleurs morceaux de poisson sont déposés devant nous, dans le plat. L'heure tourne. Après quelques délires avec les enfants dans la maison, il est l'heure de rejoindre le stade.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 03:51

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:13

Sport, fair play et arbitre en mousse

Sport, fair play et arbitre en mousse
Il a été convenu qu'à l'issue du match, l'équipe vainqueur aurait le choix entre deux jeux de maillots. L'un, jeu de professionnel offert par Toyes, l'ancien joueur bordelais, évoluant maintenant en Belgique qui est le gendre de Nadine (Le frère de Toyes est son gendre, mais bon, il faudrait un arbre généalogique sous les yeux à la plupart d'entres vous, alors je n'insiste pas ! :p). L'autre, offert par l'association, chouette jeu léger, bleu, blanc et rouge... Petit à petit, les gens arrivent. Je reconnais les joueurs de l'hôtel, qui se montrent adorables avec moi. Je me mets en tenue, concentré. Il parait que dans l'équipe adverse, certains font parti du Centre de Formation de Dakar, c'est pour m'impressionner vous pensez ?





Je participe à l'entraînement avec les autres joueurs, il a été convenu que je serai attaquant. Il fait une chaleur étouffante mais j'ai décidé de me surpasser. L'enjeu est de taille quand même.

Je suis, à ma grande surprise, nommé capitaine de l'équipe. Je porte le brassard noir, ça fait drôle. Ils sont sympa ces mecs quand même.

Le coup d'envoi est donné, je touche mon premier ballon. Passe précise, j'évite les fioritures et tente de me montrer discipliné. Nous perçons, je tente un sprint, on me fait une passe transversale, les drapeaux se lèvent, Patrick (l'arbitre pour l'occasion) siffle. L'ailier droit place une frappe puissante qui passe au ras du poteau. Patrick s'approche de moi, discrètement, et me demande à l'oreille :

- « Elle est rentrée ou pas ? J'ai pas vu ! »

Et moi évidemment d'exploser de rire, à l'incompréhension générale !

Ca repart, je suis encore hors-jeu. Merde ! Et rebelote, 2, 3 fois de suite.

Pour ma défense, je dirai que mioche, j'étais gardien, puis ajoutons qu'ils m'ont vite retapissé les athlètes d'en face, ils savent qu'en trois foulées je serai out avec ma bedaine alourdie à me trimballer. Ils sont beaux, puissants. Pas un pet' de graisse. Le culte du corps à première vue. Je touche quelques balles, dispute quelques combats aériens, de manière plutôt acceptable et finit par me faire remplacer par un autre joueur. Je pourrai au moins avoir la fierté d'avoir tenté de jouer en « Wolof » beuglant mes « Ayiii, ayiii » comme les autres pour réclamer des passes ou encore les « Locké » lorsque les tirs adverses manquaient la cible !

Riche expérience, il n'y a rien à redire.

Pendant la deuxième mi-temps, l'un de nos joueurs place une frappe vicelarde au ras du poteau. Elle est dedans, on mène 1 – 0. En face, ça réagit. Notre gardien va chercher une frappe du bout des doigts. Il se détend comme un félin à 1 mètres 80 du sol, à vue de nez, et la sort du cadre. Tout le monde a l'air de trouver l'exploit commun, intérieurement j'applaudis.

Patrick siffle. Le match est terminé. Je fête notre victoire avec mes coéquipiers. Ils choisissent les maillots « bleus ». Fair play !

J'ai bien dormi ce soir là...

[P.S] CHERCHEZ MOI SUR LA PHOTO ;)

DUUUUUUUUUUUUUUR !

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 03:57

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:35