La Passerelle

La Passerelle
Au bout de la passerelle se trouve une minuscule embarcation dans laquelle roupille « Coquillage », le pilote.

Après quelques allers-retours chargé comme un mulet, nous pouvons affirmer que le minibus est vide, pas le temps de dire « au revoir » au chauffeur, ses feux arrière s'éloignent jusqu'à disparaitre dans la nuit noire.

Dernière traversée du pont, on charge les bagages à l'arrière du bateau et nous installons à bord.
Le Saloum est calme, encore endormi. Le moteur gazouille. On s'éloigne du ponton lentement, le bruit du moteur s'intensifie, puis s'arrête subitement. Les ridicules vaguelettes s'écrasent gentiment contre la coque du bateau, comme pour nous chambrer. « Coquillage » de son côté s'affaire sur le moteur.


- « Il y a de l'eau dans l'essence ! » prophétise Jean-Jacques.

Je ne distingue pas grand-chose de mon côté. Sur ma banquette, je tente d'imprimer ce que je vis en double, comme pour avoir à le raconter un jour, étrange non ?

- « Qu'est-ce que tu as fait à ton moteur » demande inquiète Geneviève, alias Belle Maman, alias la femme de Jean-Jacques.

Elle n'a pas le temps d'obtenir une réponse car déjà le moteur se remet à rugir. C'est reparti ! J'enregistre le bruit du moteur, il est atypique ce tableau. On navigue à pleine vitesse sur le Saloum dans un noir total et la seule chose que j'arrive à distinguer, c'est le tison de la clope de « Coquillage ».

Un nuage découvre la lune, j'aperçois un bout de terre. Marion me souffle à l'oreille qu'il s'agit de l' « Île de Sangomar », j'acquiesce religieusement.

Une poignée de minutes plus tard nous sommes à quai, nos valoches de nouveau sur les bras. C'est bientôt fini, allez on s'accroche !

Je prends une valise, aller-retour ! Une deuxième, troisième etc.... jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un gros sac que nous portons à deux avec Patrick. Lourd ce con de sac, j'commence à ne plus sentir mes bras. Je découvre la villa dans laquelle nous allons passer notre séjour. Cette villa, située à l' « Hôtel Niominka » est très charmante. Toit en chaume, décoration locale, moustiquaires au dessus des lits et surtout, équipée d'une clim' dans chaque pièce. Je ne saisis pas encore la chance que nous avons d'en être muni.

Nous partageons un rapide apéritif. Un solide verre de rhum pour Patrick, la même chose pour Jean-Jacques. Quant à Marion, Nadine (la compagne de Patrick), Geneviève et moi, nous tournons au Bailey. Deux verres agrémentés d'une cascade de glaçons suffisent à me donner des envies de plumard. Je grimpe, à bout de bras les valises, dans la chambre que nous occuperons avec Marion. Putain d'valises quand même ! La température serait parfaite si j'étais un ½uf à couver, sauf que c'est loin d'être mon cas, je me précipite donc sur la télécommande de la climatisation. Aaaaah, de l'aiiiiiiir !

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 02:40

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:14

Réveil au Paradis

Réveil au Paradis
15 octobre

J'émerge lentement. Dehors, le soleil fait déjà des siennes et les oiseaux quant à eux s'en donnent à c½ur joie. Et que ça cui-cuite dans tous les arbres et que ça pousse des gueulantes aigues à s'en morceler les tympans, quel pied !


Attends, tu préfères te faire réveiller par le bus bondé qui dévale ta rue comme un dératé, par ton réveil ou bien par la nature toi ? Figure toi que mon choix a vite été fait ! Je rencontre « Radis », la délicieuse femme de ménage assignée à notre villa. Elle parle peu français mais c'est une experte aux fourneaux.


J'accompagne Jean-Jacques à l'épicerie de l'hôtel, j'y rencontre Mathieu, l'épicier catholique. Je le souligne car le pays est constitué à 88% de musulmans pour 12% de catholiques.


A l'intérieur, Sorna termine ses emplettes, portant le petit « Djibi » sur son dos, je m'empresse d'immortaliser c'te p'tite gueule d'amour.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 02:46

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:14

Première pêche

Première pêche
L'intérieur de l'épicerie est vétuste, on y trouve le strict minimum. De l'eau minérale, du lait, des pommes de terre, quelques épices, du jus d'orange très concentré (1 Litre de concentré équivaut à 9 Litres de préparation me semble t'il), des bières de marque « Flag », du Coca et des ½ufs. Inutile de chercher de congélateurs, il n'y en a pas.

« La seule viande qu'on mange ici, on la pêche » me confie mon beau père, qui en est à son 10ème voyage environ.











Le Sine Saloum est une eau très poissonneuse, à nous de le prouver, nous partons donc, à ce titre, nous enquérir de la lourde tâche de nourrir l'équipée.

Je colle au train de « Double J », celui-ci a négocié quelques crevettes le matin même. Il m'explique qu'elles ne sont pas fraiches et qu'on risque d'avoir du mal à sortir grand-chose de l'eau.

On arrive au pied d'un ponton, celui où nous sommes arrivés la veille au soir. On dépose le matériel, il tire une cordelette à lui, remontant un « caisson piège » dans laquelle nous dégauchissons une seiche (humide).

- « En voilà un bon appât ! »
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 02:50

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:14

Première honte ?

Première honte ?
Il chope son coutelas, tranchouille la bestiole, dégaine une canne, monte le bas de ligne, fixe le crochet, accroche un morceau de seiche à l'hameçon et lance le tout à une bonne soixantaine de mètres. Il me file la canne dans les mains et s'éloigne pour en préparer d'autres. Gloups. On devrait apprendre la pêche à l'école ! J'ai de vagues souvenirs de parties de pêche avec un cousin passionné mais ça se limitait tout de même à de la pêche à la sauterelle dans de bath rivières.




Putain, ça mord ?!






Je ferre un grand coup, et me met à mouliner frénétiquement. Si j'réussis à ramener un poisson, à coup sûr que je ferais une bonne impression auprès du père de ma douce. C'est ce genre de détails qui fait la différence au moment où l'on demande la main de sa fille, faut en tenir compte !

Alors je m'y emploie corps et âme, je mouline et mouline encore. Il doit être balaise le poisson, car j'ai l'impression d'avoir un âne mort au bout de la canne. Autour de moi, des personnes incrédules s'approchent, des vacanciers m'encouragent gentiment, me redonnant un peu d'énergie. Au bout d'une flopée de secondes, je réalise qu'en fait, à défaut de poisson au bout de ma ligne, j'ai tout simplement enfoncé le crochet dans le sable. Moi qui tire comme un dératé, la seule chose que je vais réussir à faire c'est de péter la ligne ! Je tire vers moi d'un dernier petit coup solide. Le crochet s'élève, ensablé et les pattes tordues. Les vacanciers rigolent, j'ai honte. Je me dis qu'il est désormais vital de me sauver la face en accomplissant un acte héroïque capable d'oublier ma petite bévue. Je ramène le bout de la ligne à moi. Défait le pick-up et balance de toutes mes forces en direction des vagues du Saloum. Manque de bol, la ligne se coince dans mon moulinet et je me retrouve 2 fois plus con que précédemment.

- « Jean-Jaaaaaaaacques, je crois que j'ai fait une bêtise ! ».
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 02:53

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:13

Le petit Thiof

Le petit Thiof
Au repas du soir, nous mangeons du Mérou (appelé « Thiof », un poisson très réputé ici). A l'hôtel, il y a soi-disant une animation. Je suis tout le monde, en trainant des pieds. C'est typiquement le genre de choses qui me répugne. Pas manqué ! Je tombe des nues. D'autres vacanciers défilent en boubou local, applaudis par d'autres vacanciers qui s'esclaffent. Désolant ! Je discutaille brièvement avec « Atout-Man », le chef jardinier des villas.












Je lui demande s'il ne trouve pas ça ridicule, au fond. Il m'avoue qu'il trouve ça plutôt drôle, de voir ces gens suivrent les pas d'une danseuse locale et de se planter complètement dans la chorégraphie. C'est ça qui l'amuse à « Atout-Man ». Je mets en parallèle la même situation en France, avec des sénégalais se regardant défiler en costards et/ou fringues occidentaux. Il est trop absorbé par les gags qui s'offrent à lui pour tenir compte de ma remarque, ce n'est pas bien grave.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 02:57

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 04:24